導氣令和,引體令柔
Guider les vapeurs vers l’harmonie, étirer le corps pour atteindre la souplesse.
龜縮頸,耕牛之力
La tortue rentre son cou, la force du bœuf de labour.
龜尾升氣,丹田煉神
La queue de la tortue fait monter les vapeurs, les Champs de Cinabre affinent l’esprit.
Et si, pour l’auteur de ce blog, garder un ventre plat nécessitait d’imprimer divers mouvements sur une partie plutôt minuscule du corps tout en inspirant et en expirant ? Dépourvu de toute contraction musculaire, cela conduit, entre autres, à faire se rétracter l’abdomen, étirer les fascias partout dans le corps, redresser la colonne vertébrale jusqu’aux vertèbres cervicales, tendre les fesses et ouvrir les paupières¹. Enfin, une telle respiration réduit la taille de ce segment, une prouesse normalement réalisable uniquement en réaction à des facteurs externes. En fait, elle permet de vérifier que la respiration s’effectue correctement et que ses effets sont réels, que l’on n’a pas juste rentré son ventre, par exemple. Comme pour tout en matière d’entraînement, il convient de distinguer la cause de l’effet, et pratiquer un effet ne produit pas une cause…
Comme indiqué dès les premières lignes de ce blog, les pratiques anciennes visent la découverte par soi-même ; pour cette raison, l’auteur a volontairement omis de mentionner la partie du corps à laquelle il fait référence. De plus, plus on progresse dans l’entraînement, plus on doit remplacer les règles précises par de simples indications générales. En effet, chacun se distingue, tant sur le plan physique que mental, ce qui influence grandement ses progrès. En d’autres termes, à un certain niveau, un protocole qui fonctionne pour une personne peut s’avérer néfaste pour une autre. De prochains billets auront pour but d’approfondir la compréhension de la respiration dans les anciennes pratiques. Une grande partie sera laissée à la réflexion et à la transpiration, sans aide artificielle 😜, du lecteur.
Avant de nous plonger dans l’univers des techniques de respiration, il semble nécessaire de revenir sur la définition de ce que l’on appelle la « respiration » dans les pratiques anciennes. En matière d’entraînement, on peut classer la respiration en trois catégories :
- La respiration régulière, principalement pulmonaire.
- La respiration directionnelle, qui implique un certain mouvement lors de l’inspiration ou de l’expiration.
- La respiration interne, qui agit sur les organes, les champs de cinabre, la chaleur corporelle, etc.
I. Le Flux
Les pratiques internes accordent une attention toute particulière au rythme de la respiration pulmonaire. De plus, elles cherchent à améliorer la respiration cutanée.
1.1 Les Poumons
La plupart des pratiques soulignent qu’une respiration doit être longue, profonde et ininterrompue. Cependant, cette règle générale peut ne pas s’appliquer lors de certains types d’entraînement particuliers, comme l’apnée, décrite dans l’article précédent. Ainsi, en fonction de ses objectifs ou de son état du moment, il faut alterner diverses techniques de respiration, allant parfois d’un extrême à l’autre. On peut ainsi passer d’une respiration très légère, régulière et lente, « expirer l’ancien et inspirer le nouveau », à une respiration marquée, saccadée et rapide, « avaler et vomir ». Sans mentionner, à nouveau, les techniques d’apnée.
Dans tous ces exercices, on recherche toujours le même type particulier de flux respiratoire, signe d’un rythme cardiaque correct : ne jamais, même très un peu, être à bout de souffle.
1.2 Les Pores
Loin des capacités des grenouilles, on considère la respiration cutanée comme minime, voire insignifiante, chez l’être humain. Elle n’est toutefois pas inexistante, et les anciennes pratiques utilisent des techniques proches de l’apnée pour l’améliorer. À l’instar des techniques pulmonaires, on recherchera un type particulier de flux destiné à renforcer cette respiration.
II. Direction
La manière la plus simple de comprendre la respiration directionnelle est ce que presque tout le monde a entendu un jour ou l’autre : « expirez et détendez-vous ». En effet, c’est la façon la plus connue de diriger son corps par la respiration. Les pratiques internes utilisent deux approches : mettre son corps et son esprit dans un certain état ou leur impartir certains angles ou mouvements.
2.1 Imprégner
La respiration directionnelle agit soit sur le corps, soit sur l’esprit. La relaxation représente la forme de respiration directionnelle la plus couramment connue, et les adeptes des pratiques internes la pratiquent aussi lors de l’inspiration. On parle parfois de « double relaxation », où l’on relâche tous les muscles pendant l’inspiration, puis encore davantage lors de l’expiration. De plus, ils apprennent, par la suite, à détendre les organes internes, puis ce que l’on appelle communément « l’esprit ».
Les pratiques anciennes utilisent également diverses techniques de respiration pour amener le corps à adopter certains angles ou l’esprit à atteindre certains états.
2.2 Mnémonique
Dans ce cas, la respiration devient une technique mnémonique où le corps, ou certaines parties de celui-ci prendront certains angles lors de l’inspiration et d’autres lors de l’expiration. Cela peut également prendre, du point de vue musculaire, la forme d’un mouvement : inspirer et se rétracter, expirer et s’étirer (ce dernier mouvement se retrouve assez souvent chez toute personne pratiquant des exercices, justement, d’étirement). De plus, ceux qui pratiquent le flux de vapeur peuvent utiliser l’inspiration et l’expiration pour les guider.
III. Intériorisation
Les arts internes accordent généralement la priorité aux exercices destinés à améliorer les organes et la vitalité.
3.1 Protection
L’un des objectifs des pratiques internes vise à apprendre à concentrer les vapeurs autour des organes situés dans les champs de cinabre inférieur et moyen. Cela consiste à développer la capacité de former ce qui ressemble à une boule, de plus en plus dure, à ces endroits². L’idée est de créer une couche protégeant les organes et de les comprimer afin qu’ils deviennent plus forts.
3.2 Alchimie
Pour générer de la chaleur afin de produire des vapeurs, outre les entraînements physiques, les pratiques anciennes enseignaient certains types de respiration visant à réchauffer le corps. Les techniques de respiration tibétaines Tummo sont certainement des plus connues.
Une respiration bien maîtrisée peut ouvrir de nombreuses pistes de recherche pour un adepte des arts internes, et elle devient probablement le centre de sa pratique dans ses étapes avancées en raison de son caractère permanent. De prochains billets tenteront d’approfondir la réflexion sur tous les aspects de la respiration.
1. Un tel exploit ne fonctionne, bien sûr, qu’à condition d’avoir profondément transformé son corps. De sorte que, au moins, l’extension des fascias prenne le pas sur la contraction musculaire en matière de génération de puissance, comme cela a été décrit en détail dans ce blog. Et cela dépend également de la compréhension et de la capacité de chacun à pratiquer ce que l’on appelle souvent la respiration directionnelle.
2. Ce phénomène se voit davantage chez ceux qui ne se servent pas d’une ceinture pour éviter au ventre de grossir, un effet indésirable de ce type de respirations.
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